Un thème du cahier Influences Eté 17: INTERIORS

Theme 2 – INTERIORS

 

EDITO 1

Eteindre son portable, tirer les rideaux, admirer l’usure naturelle des objets patinés renfermant nos souvenirs… Loin de la course indéfinie à l’audience à laquelle nous condamnent les réseaux sociaux, Interiors nous parle de rétablir une conversation intérieure au détour d’un livre, d’un après-midi paresseux, du parfum délicat d’un bouquet de fleurs. Ce thème souligne l’appétit retrouvé pour une forme de « dé-exposition ». Les galeries quittent la rue pour monter en appartement, les bureaux s’installent à la maison, des boutiques, dont rien ne signale la présence, migrent à l’étage.

Ressuscitant des senteurs oubliées, objets et meubles désuets nous invitent à réinventer notre vie à l’abri des autres, dans les replis secrets d’Une chambre à soi.

Thème 1 – Discared poetry

 

Avec nostalgie, ce thème nous parle de conserver l’empreinte de l’existence sous tous ses aspects. Qu’il s’agisse d’en figer les traces sur les murs, d’en isoler un moment encapsulé dans une œuvre ou de se projeter dans l’histoire de quelqu’un d’autre le temps d’une exposition, le temps s’arrête autour des vestiges du passé en une poésie du refus de l’éphémère. S’ouvrent alors des collections de boites, de livres et de vêtements anciens, renfermant un temps retrouvé que rien ne laissera disparaître désormais.

 

Page concept

 

Des objets improbables naissent d’une volonté affirmée de cristalliser la mémoire de la simplicité miraculeuse des plaisirs quotidiens. Un grille-pain enregistre électriquement l’usure annoncée du métal, une céramique d’un nouveau genre conserve la poussière de la journée. Fascination pour l’usure rassurante, l’art d’accommoder les restes est élevé au rang d’art de vivre pour les nostalgiques d’avant-hier, déjà fatigués de l’image trop parfaite d’une réalité Pinterest.

 

Materials

 

Le réagencement de ces strates contigües de mémoire conduit les designers à la précipiter dans une marqueterie composite de matériaux issus d’époques différentes, à l’instar du travail de l’artiste suédois Lars Hofsjö, qui recycle tapis et vêtements pour créer du mobilier. D’autres préfèrent laisser intouchés les vestiges de peinture et les traces laissées par d’autres, une manière de figer le réel sans y toucher pour glorifier son imperfection.

 

Prints

 

A partir de lieux abandonnés emprunts d’histoire, c’est toute une esthétique de la friche qui s’empare du design et de la décoration. La matérialisation des strates du temps s’y inscrit en motifs fanés, décrépis, dessins altérés, tapisseries passées, marbres irréguliers, en une nostalgique esthétique de la trace.

 

Icon

HollerD est le nom de la ferme familiale de Matt Alexander située dans le Tennessee. Ebéniste, il y développe le projet HollerDesign en récupèrant les branches tombées à l’intérieur du domaine pour les transformer en meubles du Sud des Etats-Unis. Un process de création durable, ancré dans le terroir américain en écho à l’âme Sudiste.

 

Thème 2 – Artists in résidence

 

Lieux d’écriture, de peinture, de création, les designers explorent l’essence des vies d’écrivains, poètes, et artistes pour faire émerger des lieux à la frontière de l’art et du loisir. Les appartements se font librairie, galerie, restaurants et les résidences d’artistes s’étendent jusqu’aux fermes où chacun peut se sentir mécène le temps d’une nuit, au milieu des toiles contemporaines ornant sa chambre. En ville, on tient salon tandis que chacun devient le créateur de sa factory personnelle.

La frontière entre objet commercial et œuvre d’art s’amenuise tout comme celle entre le lieu intime, de travail et d’exposition, dans une bande-annonce d’un monde où nous serions tous les directeurs artistiques de nos propres vies.

 

 

Page concept

 

Les designers explorent l’essence des lieux de vie des artistes, et les artistes sont invités en résidence jusque dans les hôtels. Espaces bureaux aussi ludiques qu’une cabane dans les arbres, salons où trônent des vêtements-œuvres d’art, hôtels se parant de livres invitant à rêver la ville au lieu de la parcourir, tout invite à rester enfermé dans ces studiolos d’un nouveau genre… Mais si les cafés s’invitent jusqu’au cœur des boutiques, c’est aussi pour brouiller la frontière commerciale entre espace intime et privé, créer un « entre soi » propice à la confusion des genres et des sentiments…

 

Matières

 

Coups de pinceau, splash arty, croûtes de peintures, palettes façon tachistes, agglomération d’objets, de matières, compressions successives, infinité de couches de papier, les matériaux deviennent les porte-parole d’une intervention artistique, en patchwork méli mélo. Tout ce qui est conservé est susceptible d’être transformé en toile de maître !

 

Prints

 

Tableaux persans transformés en élégie bohème, le print se radicalise de manière joyeuse pour réinventer un style début de siècle mixant gravures, fresques et peintures figuratives aux couleurs Modigliani. Le répertoire floral façon Bloomsbury décolore les tentures passées au soleil des étés successifs dans une campagne anglaise, en attente de l’arrivée d’amis dans la pénombre d’un boudoir.

 

Icône

Geneviève Caroll et Bill Moseley sont un couple d’artistes résidents à Artist’s Hill (programme d’artistes en résidence en Australie). Geneviève est designer textile et Bill, photographe. Fondateurs de Hill End Press ils ont récupéré une vieille presse d’imprimerie pour restituer les textures de papier et caractères d’antan en les mixant à des textiles. Ils ne « font pas » seulement de l’art, ils le vivent, à la manière de Virginia Woolf et de son mari dans leur maison de Bloomsbury.

 

 

 

 

 

 

 

Concept 3 – Sensitive Diary

 

Edito

 

Journaux olfactifs, parfums éphémérides, il suffit d’une senteur pour faire resurgir le souvenir. Pour activer notre Madeleine de Proust, les designers créent des paysages olfactifs en réinventant le diffuseur de parfum. L’odeur d’un livre, celle de la peau de l’être aimé, ces senteurs qui font du bien, peuvent être renfermées dans un galet à garder toujours sur soi. Empreinte invisible mais irremplaçable, la senteur des émotions crée un environnement rassurant où il est impossible de se perdre.

 

Page concept

 

Collecter des odeurs comme un écrirait son journal, telle est la recherche menée par plusieurs designers qui les distillent comme on le ferait d’un parfum. Mickaël Wiesengrün recrée les odeurs d’une ancienne usine d’ampoules, tandis qu’Alexandra Stück invente des parfums encapsulés dans le textile pour nous reconnecter avec nos sensations primordiales et notre mémoire.

 

 

Les matériaux

 

Les portes se font revêtements olfactifs dont la résine encapsule de l’extrait de savon pour une diffusion continue. Les matériaux sont fragiles et délicats, transparents mais teintés ; ils inspirent des matériaux poétiques allant jusqu’à reproduire l’air du temps qui passe.

Le verre, un des supports qui altère le moins les odeurs, en est le conducteur idéal.

 

 

Print

 

Les prints évoquent des boites de savon du siècle dernier, revues et corrigées par l’éphémère lumière crue du jour. Ces coloris infusés, dilués, en référence aux teintes fortes d’origine, instillent dans leur disparition progressive, l’évanescence du présent et la nostalgie du passé, délavés comme l’odeur du souvenir.

Icôn


Atelier Cologne
est une Maison de Parfum fondée par Sylvie Ganter et Christophe Cervasel. Tout un univers narratif est installé autour de leur Cologne Absolue, de l’histoire qui l’a inspirée, à la boutique devenue espace de consultation. Chaque client peut y découvrir « sa note juste ». En proclamant : « Le personnage, c’est vous », les créateurs font du parfum l’effluve singulière qui nous ramène à notre authenticité.

 

Editorial Influence & Design AW 17-18

Voici un exemple d’édito. Cahier Influence pour le cabinet de tendances Promostyl

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Crédits: DP

BEING THERE

Du voyage au centre du corps au voyage aux quatre coins de la planète, BEING THERE nous invite à nous intéresser à ce qui nous constitue en temps qu’Humains. Dans ce nouveau cycle qui mène vers la sortie de la société de consommation, une prise de conscience mondiale, individuelle et citoyenne s’impose.

Ce changement, la philosophe Cynthia Fleury nous y invite dans son dernier livre « Les Irremplaçables [1]» où elle proclame avec force : « Rêver à la démocratie nécessite d‘être un sujet en chemin. » Un enjeu de taille dans un monde secoué par la guerre et les totalitarismes, en recherche de nouveaux fonctionnements démocratiques pour permettre l’émergence du sujet, donc du citoyen. Un citoyen rendu à la conscience et à la responsabilité de son destin.

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